Date de publication: 2026-01-04 08:50:40 Vues: 4573
Depuis 2020, le marché mondial des huiles végétales a connu des mutations structurelles : leur corrélation traditionnelle étroite avec l'huile de soja s'est fortement affaiblie, avec des divergences de prix plus fréquentes et plus durables, témoignant d'une évolution de la manière dont les chocs d'offre et de demande impactent le marché.

Autrefois, ces deux huiles, quasi-substituables et représentant plus de 60 % de l'approvisionnement mondial en huiles comestibles, évoluaient de concert, avec des écarts de prix stables. Le principal facteur de divergence actuel réside dans les différences de répartition géographique et de politiques de production : la production d'huile de palme est fortement concentrée en Indonésie et en Malaisie, la majeure partie étant consommée pour l'alimentation et la production de biodiesel. La production d'huile de soja, concentrée aux États-Unis, au Brésil et en Argentine, est plus dispersée et de plus en plus influencée par les politiques nationales en matière de biocarburants, qui soutiennent l'approvisionnement national.

Parmi les événements marquants de cette divergence, on peut citer : la forte augmentation, en 2021, de la capacité de production de diesel renouvelable aux États-Unis, qui a fait grimper les prix de l'huile de soja bien au-delà de ceux de l'huile de palme ; En 2022, les prix de l'huile de palme ont chuté suite à la levée de l'interdiction d'exportation indonésienne, tandis que ceux de l'huile de soja ont baissé plus lentement. La volatilité qui a suivi a été alimentée par les aléas climatiques liés au soja américain et par les ajustements des quotas et crédits d'impôt pour les biocarburants.

Aujourd'hui, le marché est plus sensible aux chocs régionaux et politiques qu'aux facteurs mondiaux d'offre et de demande. Bien que substituables, les quotas de biocarburants, les restrictions à l'exportation, les aléas climatiques et l'équilibre des marchés intérieurs peuvent faire fluctuer leurs prix en sens inverse.

Les analystes concluent qu'il n'existe plus de signal unique pour les prix mondiaux des huiles végétales. Les acteurs du marché – agriculteurs, transformateurs, négociants et décideurs politiques – doivent suivre à la fois les tendances mondiales et les facteurs locaux (par exemple, la politique américaine en matière de biocarburants, la réglementation des exportations en Asie du Sud-Est et l'état des récoltes dans les principales régions). Dans ce nouveau contexte, la gestion du risque de prix exige une approche plus large et plus nuancée qu'auparavant.